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Tshopo : Corneille Nanga et sa coalition AFC-M23 acceptent avoir menés une attaque visant l’aéroport de Bangboka .

La coalition M23-AFC a revendiqué, par la voix de son coordonnateur Corneille Nangaa, une attaque ciblant l’aéroport international de Bangboka, à Kisangani, présenté comme une plateforme militaire abritant un centre de commandement des drones des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Cette revendication intervient alors que les autorités congolaises affirment avoir déjoué une tentative d’attaque par drones kamikazes contre cette infrastructure stratégique.

 

Dans un message diffusé sur le réseau social X, Corneille Nangaa affirme que les violences observées, depuis le 22 janvier, dans la région de Minembwe et des Hauts-Plateaux de Fizi, seraient le résultat d’opérations militaires conduites par les Forces gouvernementales et leurs alliés. Il évoque l’usage combiné d’avions de chasse, de drones de combat et de forces coalisées, dénonçant ce qu’il qualifie d’actions menées contre des populations civiles. Selon lui, l’opération visant Bangboka constituerait un « avertissement » et marquerait un changement du rapport de force ; la coalition annonçant une nouvelle posture de « défense préemptive » contre toute utilisation d’aéronefs militaires à partir de certaines bases.

 

Cette version est vigoureusement contestée par les autorités congolaises. Le Gouvernement provincial de la Tshopo a indiqué qu’une attaque armée visant l’aéroport de Bangboka, situé à une dizaine de kilomètres de Kisangani, a été déjouée entre la matinée du samedi 31 janvier et la nuit du dimanche 1er février 2026. Selon les services provinciaux, des drones kamikazes transportant des munitions non conventionnelles auraient été engagés dans cette opération attribuée à la coalition M23-AFC, avec un soutien extérieur. Huit drones des rebelles ont été neutralisés par les FARDC avant d’atteindre leurs cibles, sans faire de victimes ni causer de dégâts majeurs.

 

Dans une communication distincte, l’Armée congolaise a également affirmé avoir intercepté et neutralisé quatre drones armés en plein vol à proximité de l’aéroport de Bangboka. Les autorités militaires assurent que ces interventions visaient à protéger les populations civiles et les infrastructures stratégiques. Les fortes détonations consécutives aux interceptions avait toutefois provoqué un mouvement de panique et des déplacements temporaires de riverains vivant aux abords de l’aéroport.

 

Le Gouvernement provincial a salué la réactivité des FARDC et condamné ce qu’il qualifie de tentative terroriste, y voyant une violation du droit international humanitaire. Il a appelé la communauté internationale à des mesures concrètes et dissuasives face à ce qu’il considère comme une agression, tout en rassurant la population de Kisangani sur le contrôle de la situation et la poursuite normale des activités.

Entre revendication politique et version officielle, l’épisode de Bangboka illustre la guerre de communication qui accompagne l’escalade sécuritaire dans l’est et le centre du pays. Tandis que le M23-AFC affirme avoir franchi une « ligne rouge » en s’attaquant à une base aérienne stratégique, les autorités congolaises maintiennent que toute tentative d’attaque a été neutralisée et réaffirment leur détermination à protéger le territoire et les civils.

Lobo Lievin.